Atelier d’écriture créative

ActualitésProcès fictifs

Dans le cadre des procès fictifs, les élèves se sont vus proposer un atelier d’écriture créative pour amorcer la réflexion sur les pièces à conviction.

Ces documents sont la pierre angulaire des procès fictifs, car ils font le lien entre la stratégie d’argumentation travaillée en cours de français et le processus créatif indispensable à sa mise en œuvre.

Cette approche se veut complémentaire du cours de français, tout en s’en démarquant dans sa forme. Loin des dissertations ou des commentaires de textes, cet atelier propose une autre manière d’entrer dans le texte et dans la pensée critique par le jeu, le détournement, l’imagination.

Les pièces à conviction deviennent des objets hybrides, à la fois supports d’argumentation, fragments de fiction et matériaux poétiques, mobilisables dans les mises en scène des procès.

Il s’agissait d’amener les élèves à produire du texte sans être contraint par le poids de la langue ou du cadre afin de réfléchir aux modalités de détournement de documents capables de troubler, orienter, convaincre ou persuader. Les pièces à conviction matérialisent la tension entre fiction et réalité, entre invention et preuve.

La fiction peut être un moyen puissant pour interroger les discours, manipuler les codes, et jouer avec les cadres imposés pour décloisonner les disciplines, renforcer la créativité des élèves et développer leur esprit critique.

Les pièces à conviction sont abordées comme des créations contemporaines. Qu’il s’agisse d’objets plastiques, de textes détournés, ou de documents inventés, leur valeur ne réside pas uniquement dans leur contenu, mais dans la manière dont elles sont montrées, mises en scène, exposées au regard des autres.

À l’image des œuvres d’art, ces pièces deviennent des dispositifs de perception et de jugement, elles produisent un effet, provoquent une réaction, orientent une interprétation.

La mise en forme, le choix du support, le ton, la typographie, le cadrage sont autant d’éléments qui vont influer sur la réception de la pièce par le jury ou le public, et donc sur la narration du procès lui-même. Par cette approche, l’atelier dépasse la seule écriture pour entrer dans une réflexion esthétique sur le pouvoir des signes et des formes, interrogeant ce qui fait preuve et ce qui fait fiction.

Sur une invitation de Madame Vangilve, enseignante de lettres, et de Pierre Coux, responsable du H4Lab.